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Affichage des articles du août, 2012

Le travail

On se rend maintenant très bien compte, à l’aspect du travail, c’est-à-dire de cette dure activité du matin au soir, que c’est là la meilleure police, qu’elle tient chacun en bride et qu’elle s’entend vigoureusement à entraver le développement de la raison, des convoitises, des envies d’indépendance. 

Car le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, et retire cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but minime et accorde des satisfactions faciles et régulières.

Ainsi une société, où l’on travaille sans cesse durement, jouira d’une plus grande sécurité : et c’est la sécurité que l’on adore maintenant comme divinité suprême.


Nietzsche. "Aurore" (Aphorisme 173)